Diversification et vente en direct


peperoncini!!Il est très difficile pour une entreprise agricole de faire face à tous les couts liés à la production, aux couts administratif, aux imprévus du métier et donc d’obtenir un bilan économique positif. Probablement, actuellement, n’importe quel entrepreneur honnête quel que soit son secteur d’activité pourrait faire ce discours. L’avantage de l’agriculture est que probablement on peut toujours compter sur l’énorme générosité de la terre. Si l’on est capable de remettre en cause nos propres préjugés et idées préconçues. Il est possible de trouver des nouvelles stratégies pour maintenir active l’exploitation agricole, ou on a en tout cas la possibilité d’essayer. Sortir du piège de la production au service de la grande distribution est clairement le premier pas à faire. Reconquérir la liberté de choisir quoi cultiver est la clef pour redémarrer. Pour commencer il faut retrouver le contact avec le monde des consommateurs, renoncer à déléguer, construire des relations avec ceux qui achètent nos produits pour les manger. Cette étape permet de retrouver le rôle de guide auprès des consommateurs, pouvoir leur communiquer quelles sont les variétés les plus adaptées et quelles sont leurs particularités, leurs saisons, leur mode d’utilisation et de conservation. Un rôle qui permet de déshabituer les consommateurs aux variétés standardisées dans leurs aspects, gouts, couleurs, et d’indiquer ce qui est typique, local, plus adapté au lieu de culture en un moment donné.

Un tel parcours porte à la création de relations. Relations basées sur la confiance et sur le partage d’une idée d’échange équilibré et correct. Dans le cadre de ces relations, le producteur sera stimulé à abandonner le schéma de la grande distribution ; produire la plus grande quantité d’un produit unique pour obtenir un contrat « avantageux ». La tendance s’inversera, cherchant de produire un maximum de choses différentes pour satisfaire une plus grande diversité des besoins alimentaires d’un même groupe de consommateurs. La plus grande diversité de produits alimentaires et éventuellement non alimentaires des personnes avec lesquelles le producteur est entré en relation. Besoins non alimentaires, pouvant dans notre cas s’étendre à l’hospitalité, à la restauration, à la convivialité et à la formation.

Une telle approche de l’agriculture, diffusée et enracinée dans le monde rural où nous nous trouvons contrasterait avec la tendance mono productive de mon territoire. Lentini est une petite ville qui a toujours vécu de l’agriculture, et pourtant, aujourd’hui, trouver un petit producteur chez qui acheter des légumes est une tâche difficile. Idem pour les œufs, pour ne pas parler de la viande. Les règlementations sanitaires accentuent ces difficultés car elles sont conçues en fonction des standards de production industrielle, et pour les petits producteurs axés sur la vente en petites quantités pour la consommation locale il n’y a pas assez de dérogations prévues.

Notre expérience nous a emmenés dans cette direction. Au cours des dernières années, grâce aux ressources apportées par la vente en direct, nous avons réintroduit les animaux tels que les poules et les cochons (on a essayé aussi avec les chèvres, mais l’expérience n’a pas été concluante. ) Nous essayons actuellement de développer la culture maraichère nous plantons des framboises entre les terrasses les plus ombragées, des plantes aromatiques sur les bordures, câpres et thym dans les murets en pierre sèche. En plus nous faisons transformer certains de nos produits agricoles en conserves , confitures, tapenades, salaisons et saumures. Cela a apporté plus de variété dans nos produits disponibles et à augmenter la continuité de nos travaux et taches saisonnières. Cela fait qu’il y a moins de temps de repos, mais nous avons pu aussi changer plusieurs contrats de travail saisonnier à durée déterminée en contrats de travail à durée indéterminée. L’exploitation s’est aussi enrichie de nouvelles couleurs et d’odeurs et devient toujours plus belle.